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Burn-out : pas si simple de se retrouver en arrêt maladie…

La polémique porte souvent sur le cas de salariés abusant des arrêts maladies, prétextant un épuisement professionnel dès qu’ils sont en désaccord profond avec leur employeur. Et pourtant… c’est souvent l’inverse qui se produit. Combien de salariés (ou employés de la fonction publique) continuent à travailler alors que leur médecin, médecin du travail ou leur thérapeute leur conseillent de mettre à distance le travail car il y a déjà atteinte à leur santé physique et psychique. Et une fois en arrêt, la culpabilité les rongent. C’est un vrai travail d’acceptation, qui est pourtant le premier pas vers un respect et une écoute de soi…


Premiers pas, sortir du déni

Lorsque les personnes viennent consulter pour souffrance au travail alors qu’elles sont encore en poste, bien souvent la demande porte sur les solutions pour faire changer la situation et arriver à la supporter. L’arrêt de travail ce n’est pas pour eux. Il n’est pas question qu’ils perdent la face. S’arrêter pourrait être perçu comme une marque de faiblesse. Les autres pourraient penser « il ne tient pas la pression », « il a craqué », « il doit avoir des problèmes personnels en dehors du travail ».

Et puis n’oublions pas que contrairement aux idées reçues, le burn out est « la maladie des forts », des gens investis, pour qui jusque là tout a toujours fonctionné. Ils sont engagés, parfois perfectionnistes, désireux d’obtenir des résultats de qualité. Alors tous les signes de fragilisation de leur état de santé, ils n’en tiennent pas compte : « je vais prendre une semaine de vacances, et ça ira mieux », « je vais remonter la pente, c’est passager ! », « c’est vrai que je fais des insomnies à répétition, mais ça ne justifie pas un arrêt ». C’est ce que l’on appelle « la phase de déni ». Cette phase peut être très longue, ce qui conduit les personnes à accepter l’arrêt de travail beaucoup trop tard, lorsqu’ils sont à bout.


Deuxième étape, accepter

A moment donné, le corps dit « stop ». Le corps ne ment jamais, il est important de l’écouter. Pourquoi parle-t-il le premier ? Car les personnes en burn out sont prises en tenaille (comme dans d’autres situations de la vie qui nous mettent en tension) entre ce que veut le cœur (recherche de sens, respect des valeurs, respect de soi et de ses capacités physiques) et le mental (garder son statut, prouver qu’on est à la hauteur, être dans la performance, écouter nos peurs de perdre son emploi, son niveau de rémunération…). Dans ce dialogue intérieur, le mental est souvent le plus fort. Le corps et le cœur sont niés. Pourtant le corps alerte par divers signaux, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus : c’est l’épuisement professionnel et généralement le début de l’arrêt de travail.

Mais le mental ne lâche pas l’affaire, et l’individu est loin d’accepter ce qui lui arrive. Un discours intérieur se met en place avec des petites phrases du type : « tu dois y retourner, tu ne peux pas lâcher ton équipe », « tu n’es pas vraiment malade, tu es en train de profiter de la Sécu », « tu vas devenir encore plus mal, loin du travail, en 20 ans tu ne t’es jamais arrêté »


Le début du processus de thérapie en consultation souffrance au travail va consister à faire accepter l’arrêt de travail prescrit :

  • Ce n’est pas vous qui avez décidé de « vous mettre en arrêt de travail », c’est un médecin suite à un diagnostic médical. L’arrêt est donc légitime.

  • La mise à distance du travail est indispensable pour vous protéger et vous rétablir. Lorsqu’un sportif se fait une entorse, on lui demande temporairement d’arrêter les entraînements pour permettre une guérison et éviter une fragilisation future de l’articulation. Ici il en est de même.

  • L’état physique et moral est fluctuant au cours d’une même journée ou sur une période plus longue. Ce qui veut dire qu’à certains moments, une personne en épuisement professionnel peut avoir un regain d’énergie ou de bien être et avoir envie de sourire par exemple, alors que la majeure partie du temps, elle sera à nouveau à plat ou avec une vision négative de la situation. Ces variations n’aident pas les personnes à accepter l’arrêt maladie, surtout sur la longueur, ayant l’impression d’être un imposteur qui profite de la situation. Pourtant, tant que l’état de santé psychique n’est pas suffisamment stable l’arrêt se justifie. J’observe que les récidives sont nombreuses en cas de reprise du travail trop tôt et souvent plus sévères.

- La durée de convalescence d’un burn out est souvent très longue. Elle est de l’ordre de plusieurs trimestres.


Troisième étape : changer son équilibre de vie

Comme je le disais précédemment, les candidats favoris au burn out sont souvent des personnes très investies, perfectionnistes, persévérantes. Ces qualités globalement positives, peuvent cependant se retourner contre la personne si elle ne pose pas suffisamment ses limites, ne prends pas assez de temps de repos, ne régule pas son travail, a du mal à accepter le juste niveau de qualité nécessaire.


La période d’arrêt de travail est alors déroutante car tout à coup, les temps de repos, les temps pour soi, les moments de plaisir sont justement les seuls qui sont prescrits ! Ce qui est préconisé pour retrouver un équilibre psychique et un état de bien être global c’est de dormir dès que le corps le demande, d’aller se ressourcer dans la nature, de faire de la marche ou d’autres activités physiques adaptées, de se programmer des petits plaisirs sous toutes ses formes (lire, profiter de sa famille, discuter avec des amis, voyager, aller au cinéma, au théâtre, au restaurant… chacun selon ce qu’il aime). Quel changement avec tout ce que notre éducation, l’entreprise, la société et finalement nous mêmes, nous imposons ! Cela ne fait pas très sérieux !

Et pourtant c’est bien là un chemin de transformation essentiel ! Trouver son équilibre personnel cela s’apprend et demande beaucoup d’entrainement, quand notre société ne valorise que l’effort et le performance à outrance. Ne plus être en activité permet de découvrir ou redécouvrir des choses simples et indispensables au bien-être : s’autoriser à demander de l’aide, être vraiment disponible dans les moments d’échange, s’autorise à attendre le moment où nous avons la meilleure disposition d’esprit, revenir à des activités créatrices, profiter de la nature, faire une activité physique, savoir se reposer, écouter son corps, faire le juste nécessaire.


Finalement vivre un arrêt maladie pour épuisement professionnel, ce n’est pas « ne rien faire », c’est s’employer à apprendre à faire autrement pour conserver durablement sa santé physique et mentale. Une belle opportunité pour devenir vraiment soi-même.


Clotilde GIRARD

Spécialiste des consultations souffrance au travail et Gestalt praticienne, je vous reçois dans mon cabinet pour vous aider à sortir d'un vécu difficile au travail.


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